« Etre homosexuel, c’est vivre caché ou en danger » : au Sénégal, la multiplication des appels à l’aide vers la France depuis le durcissement des peines

« Etre homosexuel, c’est vivre caché ou en danger » : au Sénégal, la multiplication des appels à l’aide vers la France depuis le durcissement des peines

Récit  Rejet de la famille, atmosphère irrespirable, angoisse de l’arrestation… Depuis le doublement des peines encourues pour relations homosexuelles, en mars dernier, les appels de détresse de personnes espérant fuir le Sénégal se sont multipliés. Stop Homophobie, SOS Homophobie et Le Refuge ont coordonné leurs forces.

Par  Sarah Diffalah

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Jusqu’à l’adoption de la loi en mars dernier, l’homosexualité, bien que massivement rejetée au Sénégal, bénéficiait d’une relative tolérance des forces de l’ordre.

Chérif* est arrivé en France au début du mois de juin, avec une seule certitude : il ne pouvait plus rester au Sénégal. « J’allais me faire arrêter », il en est convaincu. Pendant des semaines, après l’arrestation d’un homme qu’il fréquentait, il a vécu dans la peur. « Dès que j’ai appris la nouvelle dans la presse, il n’y avait plus que la fuite dans mes pensées. » Il faut dire que l’affaire touche le pouvoir. L’homme arrêté est présenté comme un proche d’Ousmane Sonko, l’ancien Premier ministre sénégalais, désormais à la tête de l’Assemblée nationale, qui a porté le projet de loi visant à faire passer de cinq à dix ans de prison les peines réprimant les relations homosexuelles, adopté le 11 mars dernier. La presse locale s’est fait l’écho d’arrestations de partenaires présumés. « Je savais que le téléphone de mon ami allait être fouillé par la police et qu’on y trouverait des messages compromettants où j’apparais, confie Chérif. J’ai effacé les messages, les photos, la moindre preuve de ma vie clandestine. »

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Au Sénégal, décrit-il, l’atmosphère est devenue irrespirable. A la maison, dans la rue, à la télévision comme sur les réseaux sociaux, « tout le monde ne parlait que des homosexuels » et les discours de haine se propageaient sans plus aucun filtre. « Ils pervertissent la jeunesse, ils détruisent le …

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