Maroc, un partenaire de confiance pour l’Europe ?

Depuis plusieurs mois, la France défend l’idée que l’Union européenne devrait adopter une politique industrielle plus sélective. Elle souhaite éviter que les préférences européennes ne soient « made in Europe » et non pas « made with Europe », ce qui pourrait englober indistinctement tous les pays partenaires de l’UE.

La France défend une approche plus sélective, distinguant les pays qui participent effectivement à la compétitivité et à la sécurité des approvisionnements européens de ceux qui demeurent de simples fournisseurs extérieurs. Le Maroc est considéré comme un candidat naturel pour cette approche en raison de sa stratégie industrielle et diplomatique.

La bataille se jouera également au Parlement européen, où les déléguations françaises et les rapporteurs français occupent des positions déterminantes dans l’examen du règlement. Il est crucial que ces représentants veillent à ce que les nouvelles frontières réglementaires ne fragilisent pas l’avenir du partenariat industriel maroco-français.

L’Allemagne jouera un rôle déterminant dans cette affaire. Berlin a longtemps regardé avec réserve les projets français de préférence industrielle européenne, mais sous la pression d’une crise industrielle et d’un débat politique intérieur durci par la montée de l’AFD, l’Allemagne ne peut plus se contenter d’un libre-échange classique.

Le Maroc a déjà mis en place une coopération industrielle avancée avec la France. Les usines Renault de Tanger et celles de Stellantis à Kenitra fonctionnent désormais comme des extensions des chaînes de production françaises, et les équipementiers fabriquent au Maroc des composants qui alimentent directement les sites industriels européens.

L’avenir du partenariat industriel franco-marocain sera donc décisif. Si la France ne demande pas officiellement au Maroc de figurer parmi les futurs partenaires de confiance, son stratégie industrielle et diplomatique en fait un candidat naturel.