Fiscalité et douanes, le Gabon accélère la modernisation de la collecte publique

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Fiscalité et douanes, le Gabon accélère la modernisation de la collecte publique

Libreville, Dimanche 19 Juillet 2026 (Infos Gabon) – La capacité d’un État à financer son développement dépend avant tout de son aptitude à sécuriser ses recettes. Au Gabon, cette réalité prend une dimension nouvelle. En réunissant les directions générales des Douanes et des Impôts autour d’une même stratégie, les autorités font le choix d’une gouvernance davantage intégrée des finances publiques.

Au-delà d’une simple réunion administrative, cette initiative traduit une évolution profonde de l’action publique où la coopération entre administrations devient un levier de souveraineté budgétaire, de transparence économique et de lutte contre les réseaux de fraude.

Le 14 juillet à Libreville, le Directeur général des Douanes et Droits indirects, le Général de Brigade Hugues Modeste Odjangou, et la Directrice générale des Impôts, Édith Laure Oyaya épouse Mbiguidi, ont engagé un travail de fond destiné à renforcer la coordination opérationnelle entre les deux principales régies financières du pays. Une démarche qui intervient alors que le gouvernement fait de la mobilisation des ressources internes une priorité stratégique afin d’accompagner les grands investissements engagés dans les infrastructures, les services publics et la diversification économique.

Une nouvelle doctrine de gestion des recettes publiques

Dans la plupart des économies modernes, les administrations fiscales et douanières ne travaillent plus de manière cloisonnée. Le partage des données, le croisement des informations et la coordination des contrôles permettent d’améliorer considérablement le rendement fiscal tout en réduisant les espaces de fraude. C’est précisément cette logique que le Gabon entend désormais institutionnaliser.

Au cours de cette séance de travail, les deux responsables ont examiné plusieurs axes prioritaires parmi lesquels le partage des renseignements fiscaux et douaniers, la coordination des opérations de contrôle sur le terrain, la mutualisation des capacités opérationnelles ainsi que l’élaboration de stratégies communes contre la fraude fiscale, les infractions douanières et les différents trafics illicites.

Cette approche répond directement aux orientations du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui encourage une administration davantage coordonnée, performante et tournée vers les résultats.

Dans un contexte où chaque ressource publique compte, la sécurisation des recettes devient un enjeu central de gouvernance.

Une coopération désormais encadrée par un dispositif institutionnel

Cette dynamique ne repose plus uniquement sur une volonté politique. Elle s’appuie désormais sur un cadre juridique précis. Les deux administrations ont rappelé que l’arrêté n°073/MEFDPLVC du 10 avril 2026 portant création de la Commission mixte Impôts-Douanes constitue désormais le socle institutionnel de cette coopération. Ce mécanisme prévoit notamment des contrôles conjoints conformément aux dispositions du Code des douanes de la CEMAC et favorise une circulation plus fluide de l’information entre les deux régies.

Cette évolution rapproche le Gabon des meilleures pratiques observées dans plusieurs pays africains ayant engagé la modernisation de leurs administrations fiscales. Les expériences conduites au Rwanda, au Maroc ou encore en Côte d’Ivoire démontrent qu’une coopération étroite entre fiscalité et douanes permet d’améliorer sensiblement les performances budgétaires tout en limitant les pratiques d’évasion fiscale et les circuits économiques informels.

Les prochaines réunions techniques devraient désormais conduire à l’installation effective de la commission conjointe chargée de piloter cette nouvelle gouvernance, d’assurer le suivi des décisions prises et de coordonner les futures opérations communes.

Une réforme qui dépasse les seules administrations financières

Cette rencontre marque une inflexion importante dans la conception même de l’action publique gabonaise. Longtemps considérées comme deux administrations poursuivant des missions distinctes, les Douanes et les Impôts affirment aujourd’hui une vision commune. Ensemble, elles concentrent l’essentiel des recettes mobilisées par l’État. Leur rapprochement constitue donc un facteur déterminant pour renforcer les marges budgétaires du pays sans accroître excessivement la pression fiscale sur les contribuables respectueux de leurs obligations.

La véritable cible demeure la fraude, les fausses déclarations, les circuits commerciaux opaques et les pratiques qui privent les finances publiques de ressources indispensables au développement.

Cette alliance institutionnelle envoie également un signal aux partenaires internationaux, aux investisseurs et aux agences financières. Elle traduit la volonté du Gabon de moderniser ses mécanismes de gouvernance économique, de sécuriser ses ressources internes et d’améliorer durablement la crédibilité de son administration financière.

Au-delà de l’organisation des services, cette coopération participe finalement d’une ambition plus vaste. Celle d’un État capable de mieux protéger ses ressources, de financer ses priorités nationales grâce à ses propres recettes et de bâtir une administration plus efficace, plus transparente et davantage tournée vers la performance. Dans cette perspective, l’alliance entre la Direction générale des Douanes et Droits indirects et la Direction générale des Impôts apparaît moins comme un rapprochement administratif que comme l’un des piliers de la nouvelle architecture financière que le Gabon entend désormais consolider.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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